Teindre sa tunique, puis inventer le métier qui fait la teinture
La 1.24.0 apporte les teintures d'équipement et un sixième métier, l'alchimiste. Les deux sont nés le même jour, l'un a entraîné l'autre, et une régénération complète du monde a fini par casser trois quêtes. Ce qu'on a décidé en route, chiffres à l'appui.
Le chantier du jour devait être petit : une teinture pour l'équipement, le prochain rang du tableau de vanité. Il a fini par produire un métier, cinq plantes, une régénération complète du monde et trois quêtes à réparer. Voici l'ordre dans lequel ça s'est passé.
La teinture se pose sur l'emplacement, pas sur la pièce
Première décision, et la plus structurante : on ne teint pas une cuirasse, on teint son torse. La couleur vit sur l'emplacement d'équipement et survit au changement de pièce. La cuirasse remplacée au niveau suivant garde la teinte choisie au niveau précédent. Sans ça, chaque amélioration d'équipement aurait coûté une fiole, et le joueur aurait fini par ne plus teindre.
Chaque emplacement porte deux tons. Le ton clair prend les lumières du calque, le ton sombre ses ombres, et le passage de l'un à l'autre suit la luminance du dessin d'origine. C'est le même principe que la cape blasonnée livrée la semaine dernière : on module la couleur au lieu de remplacer les pixels, donc un pli reste un pli. Le catalogue compte huit fioles fabricables : garance, guède, safran, sauge, tan, cendre, craie, ocre. Une fiole par ton posé, et « Aucune » lave gratuitement.
Ce qui voyage sur le réseau vers les autres joueurs, ce sont des couleurs, jamais des codes. Le client qui voit passer un inconnu reçoit trois nombres par emplacement et dessine.
Les rares ont été refusées une fois
Le document de design prévoyait quatre teintes rares gagnées en raid : noir d'encre, blanc d'os, or vieilli, pourpre. Elles ont été codées, rendues sur une planche de douze personnages, et refusées en une phrase : « c'est les mêmes que ceux de base ». Sur la planche, un noir d'encre à côté d'une cendre foncée n'est qu'une couleur de plus. Une couleur de plus n'est pas un sommet de table.

La version livrée est différente en nature. Les cinq rares sont des matières : argent, or, mithril, sombracier, dragon. Elles reprennent à l'identique les rampes de couleur qui servent déjà à dessiner les pièces d'équipement craftées de ces paliers, celles du script qui tricote les planches. Une tunique teinte « mithril » a la matière d'une pièce de mithril, reflets et ombres compris, parce que c'est littéralement la même rampe. Une matière habille toute la pièce, les deux tons ensemble. Elle se débloque en terminant les trois raids à une difficulté donnée (argent en héroïque, dragon en dément) et n'est pas un objet : impossible de la vendre ou de l'échanger.
Au passage, une chose apprise sur le dément : chaque palier double la puissance des monstres. Le dément vaut trente-deux fois le normal, avec huit minutes avant l'enrage. Personne n'a de mesure disant que c'est faisable avec l'équipement actuel. La teinture dragon existe, il se peut qu'elle reste longtemps sans porteur.
Le métier qui manquait
Les fioles avaient été posées chez le cuisinier et le trappeur, faute de mieux. En cherchant des ingrédients, un constat est tombé : le monde compte treize nodes de roche différents et deux nodes de plantes. Les minerais ont une géographie par anneau, du cuivre du départ à l'origine des confins. Les plantes n'en ont aucune, c'est le même buisson au niveau 1 et au niveau
- Et aucune potion ne se fabrique : elles ne tombent que des coffres et des quêtes.
Le sixième métier est né de là. L'alchimiste cueille cinq plantes, une par région, chacune avec sa trouvaille rare à trois pour cent : champignon de souche en prairie et forêt, fleur de tourbe au marais, bulbe de dune au désert, lichen givré en toundra, mousse luisante dans les grottes profondes. Il fabrique les potions de vie et de mana, un antidote, huit élixirs, et récupère les huit fioles de teinture comme recettes de premiers niveaux.
Une décision sur les potions
Avant d'écrire une seule recette, il a fallu trancher une question qui change tout le métier : les potions gardent-elles un temps de recharge commun ? Aujourd'hui, boire une potion verrouille toutes les potions pendant quinze secondes.
Sans ce verrou, une potion devient du soin instantané illimité tant qu'on a du stock. Les boss doivent alors être réglés en supposant que tout le monde boit en continu, et un groupe sans alchimiste ne passe plus. Le métier devient obligatoire, le rôle de soigneur s'efface, l'Hôtel des ventes se remplit de potions à prix cassés. Avec le verrou, une potion est un bouton de secours, une fois par phase, et le soin reste l'affaire des sorts.
Le verrou reste. La conséquence pour le métier est directe : la valeur d'une potion ne peut pas venir de la quantité bue, donc elle vient de la variété. Les élixirs sont le vrai débouché. Un élixir donne +2 dans une caractéristique pendant vingt minutes, +4 pendant trente pour un élixir de maître qui consomme une trouvaille rare. Il se cumule avec un plat, jamais avec un autre élixir. On le boit avant une descente, pas pendant.
Régénérer le monde, et réparer ce que ça casse
Les plantes n'existent que si les cartes les contiennent, et les cartes sont générées. Il a donc fallu régénérer les 167 cartes du monde, avec leurs images. Résultat : 508 champignons, 151 bulbes, 76 lichens, 59 mousses, 21 fleurs de tourbe.
Une régénération n'est jamais gratuite. Ajouter un type de ressource décale le tirage aléatoire de tout ce qui vient après sur la carte, y compris les monstres. Trois quêtes de la trame l'ont senti, et les tests qui gardent la campagne les ont attrapées avant les joueurs. Une quête du marais exige quatre revenants sur une carte qui n'en tirait plus que trois. Elias Merel, qui attend devant la halle du Bourg, avait été déplacé de quatre cases par la passe qui sort les personnages de l'ombre des toits. Et le hameau sylve s'était retrouvé avec les huit villageois du Bourg en double, parce que les identifiants générés avaient glissé d'un cran.
Les trois réparations sont du même genre : épingler dans le fichier de patches de saga ce qui ne doit pas dépendre du tirage. Quatre revenants autour de la plaque de rue, Elias à sa case exacte, et les deux séries d'identifiants à supprimer. La prochaine régénération les retrouvera.
Reste à faire côté alchimiste : la spécialisation herboriste et des potions en pourcentage de vie au-delà du niveau 20, parce qu'une potion de 150 points ne vaut plus rien au niveau 40. La teinture, elle, se pratique dès ce soir : un clic droit sur son torse.